
Une nouvelle route.
Les paysages changent, plus montagneux, de grands arbres.
Et puis, la route devient piste, et poussiéreuse.
La poussière ocre couvre entièrement la végétation, comme un grand linceul, comme après un tremblement de terre. On scrute ce brouillard pour tenter d'apercevoir les véhicules qui slaloment pour éviter les trous. Beaucoup de camions un peu trop lourds en montée. La route angolaise, quoi!
Mais une nouvelle route. Les yeux tout grands ouverts.
On arrive à la tombée de la nuit à N'Dalatondo.
Et la tristesse des hommes est dans les hommes, mais cette force aussi qui n'a de nom, et cette grâce, par instants, dont il faut bien qu'ils aient souri. Exil - Saint John Perse
La route de N'Dalatondo
Dondo - station service
Arrêt ravitaillement.
Pas mal d'agitation dans la station service: ca se chamaille un peu pour nous vendre les bidons de gazolina , tandis qu'on se bouscule dans la file d'attente du gazoleo, envahie de kadongueros. Poussez pas... même s'i ln'y en aura sans doute pas pour tout le monde!
Au milieu, les petites vendeuses de poisson séché ou de maïs bouilli.
Réservoirs pleins, on s'éloigne pour trouver du calme au bord de la rivière,et prendre le temps d'apprécier des poissons grillés, accompagnés d'une Eka fraiche, la bière locale.
Massangano - les joueurs
Devant l'église, une petite troupe qui a tout de suite adopté le ballon que nous avions sorti... et qui va bientôt retomber du ciel où ils l'ont envoyé.
Le village a son historien, qui nous a guidé. Un policier, qui a suivi le guide, et une bande de gamins facécieux qui, au moment de poser sur le mur d'enceinte du fort, se sont mis à imiter les trois singes de la sagesse, ceux qui incitent à: "Ne rien voir de mal, ne rien entendre de mal, ne rien dire de mal". Du moins c'est l'impression que me donnaient leurs mimiques.
Le canon et la croix

Non loin du fort de Massangano, une chapelle, construite par les portugais à la même époque.
Elle se défait peu à peu, les arbustes l'envahissent, les ornements ont disparus. Une odeur étrange, ou la moisissure se mêle aux souvenirs d'encens.
Restent quelques fleurs artificielles aux pieds des statues, comme une méditation abandonnée. Et la lumière pâle de Cacimbo à travers la toiture.
Massangano
En route vers l'est, sur une voie fraîchement goudronnée par les chinois. La sortie de Luanda par Viana est toujours laborieuse le samedi matin, même tôt, entre le traffic dense - corsé par l'inventivité des chauffeurs de kadonguéros - et le zèle des policiers.
Massangano, un petit 25km de piste semble t'il... une petite heure, oui.
Accueil insolite. Un fer forgé lisboète égaré là?
Une forme de "bienvenue" dans ce village étonnant, qui fut la première implantation portugaise dans l'intérieur du pays.
Implantation militaire bien sûr, un fort y fut construit en 1583 et permettait de défendre cette boucle du fleuve Kwanza (plus d'histoire, et d'anciennes photos du fort sur ce site). De nombreuses batailles eurent lieu sur ces rives, entre les portugais et les angolais, puis contre les hollandais.![]()
Le poste de police témoigne d'un rôle beaucoup plus modeste que lorsque Massanagno fut l'éphémère capitale de l'Angola, au 17e.
Buraco - les jeunes filles
Sangano - la barque
Cabo Ledo, l'autre pointe

Changer les habitudes, planter la tente sous un autre angle.
La vague se mérite un peu ici, il faut aller la chercher: un peu d'escalade ou à la rame?
Euphorbes sous la lune. Le feu pour animer les bavardages. Au menu? Coryphène grillée.
Parfois l'Angola se savoure, loin de tout avec le bruit des vagues.
Miraduro da Lua
Le Belvédère de la lune. Couches sculptées par l'érosion, creusées de canyons. Curiosité géologique et spectaculaire décor pour toutes sortes de "drive-trough". C'est, sur la route du sud, une pause rapide pour certains, indéfinie pour d'autres.
Restera t'on juste le temps de se dérouiller les jambes? Ou pour quelques bières, avec vue? Aura t'on l'occasion de voir un parapentiste décoller? Mais plus souvent, ce coin tranquille est un lieu de drague, de rêveries, comme se couple adossé à une vieille voiture, qui balancait les mesures de tangos argentins.
On y revient. Regarder le temps qui passe. Rattraper les même images que la dernière fois, ou presque. Se projeter sur la latérite... avant qu'elle ne coule grain à grain vers la mer.
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Bord de route

Station service pour conducteurs pressés ou négligents.
Tarif, à nécogier.
Non loin: saurez- vous deviner ce qu'on se propose de vous réparer par ce panneau?
Indice, c'est un élément sollicité par les routes angolaises qui n'ont pas encore bénéficié du rebitumage chinois.
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Maison des Esclaves
Museo de Escravatura, en portugais. A première vue, (photo d'ensemble au lien précédent) une villa charmante, bâtie sur une petite presqu'île au coeur de la baie de Mussulo.
Le directeur nous fait les honneurs de cette maison de maître, devenue musée en 1977, mais restée close ces dernières années. Les collections sont modestes, mais le symbole est fort, une tentative d'assumer le passé.
A quoi servait cet endroit? Trop petit pour servir de prison, trop loin de la mer pour accueillir les navires. Un lieu de transit simplement, justifié par la petite chapelle* intégrée à la batisse, on y baptisait les esclaves avant de leur faire traverser l'Atlantique. Sachant qu'un grande partie de la "cargaison" mourrait avant même la fin du voyage... mourir, oui, mais en chrétien.
* Capela da Casa Grande tout simplement la chapelle de la grande maison, et c'est encore actuellement la description la plus juste de l'endroit.
On connait souvent le commerce "triangulaire", ce qu'on découvre ici, c'est qu'une part essentielle de ce traffic s'effectuait directement entre l'Angola et le Brésil... pour la plus grande richesse du Portugal. 
De l'étage, on voit Luanda poussiéreuse, au loin, et entre les deux, par delà la mer qui se retire, indifférente sauf à la lune, les nouvelles "casas grandes", condominium de villas blanches aux standards américains.
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Cabo Sao Braz

Imbondeiro au soleil couchant pour nous accueillir sur cette plage.
Il était temps d'arriver... on pourrait bien s'y ensabler, de nuit. Là il ne reste qu'à planter la tente et lancer le feu.
Au petit matin en revanche, ciel gris et mer agitée... en contemplant les hautes falaises claires on se croirait presque a Etretat.
De la houle, juste ce qu'il faut pour surfer, attention la mise à l'eau dans les caillasses, même si certaines ont des formes avenantes.
Le village n'est pas loin, les enfants non plus.
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Rio Longa
Embarquer pour Rio Longa. Il faut une petite heure de bateau à travers la mangrove pour gagner le lodge, uu milieu des jacintes d'eau et des nénuphars.
Les chambres sur pilotis font face à la barre. En quelques coup de pagaie on passe de la mangrove à la dune, des eaux tranquilles aux vagues de l'Atlantique.
A l'abri, crabes, qui font un rafut terrible dans les feuilles de palmes, mais aussi oiseaux, iguanes, crocodiles... et même quelques vaches.
Côté mer, surf et pêche.
D'ailleurs, c'est aux pêcheurs fanatiques qu'on doit l'installation de ce lodge, en Angola... et aussi cette tête de tarpon, vanité rio longaise...
Et puis vient le soir
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